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Motif

Les séances régulières du CJC cherchent à créer des moments d’échanges et de réflexion autour des pratiques et des modes de représentation du cinéma expérimental et différent. Cinéma éclectique de grande amplitude, du cinéma structurel au cinéma engagé, les problématiques esthétiques, philosophiques et poétiques, conflits formels et regards militants, politiques et nécessaires, sont l’enjeu de nos programmations. Ce que nous voulons montrer c’est bien cette diversité d’un cinéma sans cesse en recherche, et dans l’envie du monde. Du mono écran au cinéma élargi, de l’argentique au numérique, des monographies aux films de plus de 12 heures, des thématiques autour de motifs plastiques ou charnels, des territoires géographiques réels ou fantastiques, des cartes blanches aux nouveaux dépôts des membres de notre coopérative de diffusion. C’est bien cette profusion et les formes d’émergences au cœur des travaux des cinéastes, vidéastes et performeurs que nous avons hâte, plaisir et enthousiasme à proposer à un large public tout au long de l’année au cinéma Grand Action (Paris 5e).

Laurence Rebouillon

[LES SEANCES DU COLLECTIF JEUNE CINEMA]


FOVEAL EXPERIMENTS #2

le 12/03/2015 à 20h30

Ce programme est le deuxième volet d’une série de programmations conçue en partenariat avec la commissaire d’exposition indépendante Charu Maithani basée à New Delhi. Cette programmation présentera une sélection de films courts et différents, pour la plupart tournés en pellicule, réalisés par des cinéastes travaillant en Inde aujourd'hui. Elle permettra d'apprécier le “cinéma prayoga”, pour reprendre le terme forgé par Amrit Gangar, à travers les réalisations de cinéastes indiens contemporains qui revisitent la pratique du cinéma expérimental encore largement définie selon les canons matérialistes hérités d'une histoire du cinéma européen et nord-américain. Certains films de cette projection rejoindront le catalogue de distribution du CJC. 

KALIGHAT FETISH (1999) Ashish Avikunthak, Inde, 22’ 

SARAS (2012) Sahej Rahal, Inde, 1’45

I AM MICRO (2012) Shumona Goel & Shai Heredia, Inde, 15’

VOYAGE (WHO BELIEVES THE LENS?) (2013), Mochu, Inde, 5’

JAN VILLA (2010) Natasha Mendonca, Inde/États-Unis, 20'

NIGHT NOON (2014) Shambhavi Kaul, Inde/USA,12’

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KALIGHAT FETISH (1999) Ashish Avikunthak, 22’_Ce film est une tentative de négociation avec la dualité  associée au cérémonial de la vénération de la déesse mère Kali, principale déesse de Calcutta. Il renvoie aux niveaux subliminaux de notre conscience sous-jacente au rituel du culte de Kali. Ce film rumine la trans-sexualité nuancée qui prévaut dans cette performance cérémonielle d’homme dévots se déguisant en Kali dans un acte de dévotion obsessionnelle. 

AshishAvikunthak est un réalisateur de films expérimentaux travaillant en Inde depuis le milieux des années 90. Ses films ont été montrés à travers le monde dans différents festival, galeries et musées comme à la Tate Modern, le centre George Pompidou, le Pacific Film Archive ainsi qu’aux festival de Locarno, Rotterdam, Berlin. Une rétrospective de son travail a été présentée au Goethe institute à Calcuta en 2004, aux Inattendus en 2006, à l’université de Yale en 2008 et à au centre national des arts performatifs à Bombay en 2008. Il a réalisé sa thèse en anthropologie culturelle à l’université de Stanford et enseigne à l’université de Yale aux États-Unis. Il travail actuellement en tant que professeur assistant au sein du département de Film Media au Harrington School of Communication & Media, à l’Université de Rhode Island.

SARAS (2012) Sahej Rahal, 1’45 _ Saras présente le buste délabré d’une déesse qui semble émettre des palpitations de l’intérieur. Inspiré par ce plâtre défiguré et abandonné d’un buste de la déesse Hindoue Saraswati trouvé dans une rue de Bombay, Saras questionne la notion d’éternel par le biais de la respiration de ce fragile bustier luttant pour retourner à la vie. Cette œuvre invoque l’imagerie d’idoles possédées et les objets personnifiés du théâtre grec. 

Sahej Rahal est né en 1988 à Bombay, en Inde. Ses installations, films et performances font partie de l’élaboration d’une mythologie personnelle qu’il façonne au travers de personnages dessinés inspirés de sources aussi diverses que les légendes locales ou l’univers de la science-fiction. En faisant dialoguer ces différents univers entre eux, Rahal créé des scénarios dans lesquels émergent du quotidien d’étranges êtres indéterminés, comme s’ils surgissaient des craquelures de notre civilisation, remettant ainsi en question les façons d’appréhender l’expérience du temps et de l’espace. 

I AM MICRO (2012) Shumona Goel & Shai Heredia, India, 15’ _ Réalisé dans les passages abandonnés d’une usine de fabrication d’optiques de caméra, ce film gravite autour de l’activité de l’équipe d’un film petit budget. I am Micro est un essai, un film expérimental, sur l’acte de filmer, le format du film et l’esprit propre à la fabrication d’un cinéma indépendant. 

Shumona Goel est une artiste et cinéaste vivant et travaillant à Bombay. Elle a  étudié le cinéma au Bard College (États-Unis), la sociologie à l’université Jawaharlal Nehru (Inde) et l’anthropologie à l’école des études orientales et africaines (Royaume-Uni).  Shumona travaille avec le format 16mm, les diapositives et la VHS pour produire des films à petits budgets, des films personnels et des installations. Son travail a été présenté dans de nombreux festival et musées comme la Tate Modern, le Forum Expanded (Festival international de Berlin), et le musé Guggenheim. I am Micro (2012) a remporté de nombreux prix, notamment le prix national du gouvernement indien. 

Shai Heredia est une cinéaste et programmatrice de films d’art. En 2003, elle fonde Expérimenta, un festival de cinéma expérimental en Inde. Elle a programmé de nombreux cycles de projections dans le cadre de festivals et au sein de centres d’arts à travers le monde, notamment à la Berlinale en Allemagne et à la Tate Moderne au Royaume-Uni. Son dernier film, I am Micro, a reçu une large reconnaissance critique et a remporté de nombreux prix. Heredia a étudié le cinéma documentaire au Goldsmith College à Londres. Elle a été titulaire d’une bourse délivrée par la fondation indienne des arts. Elle enseigne aujourd’hui à l’école d’art de design et de technologie Srishti. Elle vit et travaille à Bangalore où elle organise le festival Expérimenta India. 

VOYAGE (WHO BELIEVES THE LENS?) (2013), Mochu, India, 5’ _ Cette video explore la collision entre Orientalisme et science-fiction. Un nouveau paysage émerge à partir des aquatintes d’Inde, réalisées par les peintres anglais Thomas et William Daniells (1749-1837). Tout élément humain et architectural semble s’être échappé de la perspective de la Camera Obscura à partir de laquelle ces peintures ont été construites. Ce n’est pas sans rappeler la technique picturale de l’anamorphose développée à la renaissance. Le recours au digital permet de détourner les structures du temps, de la gravité et du plan pictural. 

Mochu est un vidéaste basé en Inde. Il travaille régulièrement avec un système d’idées fragmentées qui évoluent vers l’emergence d’une mythologie personnelle par le biais de dessins, écrits, collages digitaux et images animées. Il a participé à de nombreux projets comme la création d’un ciné-roman prenant place dans une petite ville de l’Inde, un film court sur le peintre K Ramanujam et plus récemment une fiction cosmologique basée sur l’art brut, l’imagination et la technologie.

JAN VILLA (2010) Natasha Mendonca, India/États-Unis, 20’ (tourné en 16mm, projeté en numérique) _ Après les inondations provoquées par la mousson de 2005 qui submergèrent la ville de Bombay, la cinéaste retourne dans la ville afin d’examiner l’impact de cet évènement dévastateur sur sa vie. Jan Villa en est le résultat, une tapisserie d’images qui s’offre comme une étude de l’espace post-colonial de cette métropole tout en y révélant de profondes implications intimes.  Les ravages causés par cette inondation deviennent la narration et le démantèlement d’autres dévastations. Ils deviennent le sanctuaire d’une famille et d’une maison. La structure de Jan Villa est celui d’un vortex, aspirant vers le centre tout ce qui l’entoure. 

Natasha Mendonca est une cinéaste et artiste basée à Bombay. Son travail a plusieurs fois été récompensé. Elle est titulaire d’une licence en sociologie et anthropologie obtenue au St. Xavier’s College de Bombay et d’un master en film et vidéo délivré par le California Institute of the Arts. En 2003, elle brave la forte censure en Inde sur la question de l’homosexualité et devient le co-fondatrice de Larzish, le premier festival en Inde du film et de la vidéo sur la sexualité et le genre. Le succès de Larzish a ouvert les portes à d’autres initiatives dans d’autres villes qui n’ont pu retenir la création de tels festivals. Elle a depuis travaillé en tant que programmatrice dans de nombreux festivals notamment au Lesbian film festival de Berlin et au Queer Zagreb en Croatie. Elle a contribué au Teddy Jury au sein du festival international du film de Berlin en 2004. Son film Jan Villa a remporté, entre autres, le Tiger award au festival international du film de Rotterdam en 2011 et le prix du meilleur film au festival expérimenta en Inde la même année. Son premier long métrage, Ajeeb Aashiq a reçu la bourse Hubert Bals production en 2011 et a été montré dans le cadre des Open Doors du festival du film de Locarno. www.natashamendonca.com

NIGHT NOON (2014) Shambhavi Kaul, Inde/USA,12’_ Night Noon met en place une atmosphère d’effroi dialectique dans la vallée de la mort à travers une série de plans étranges et érodés. Des formations géographiques et des dunes ne font plus qu’un avec le ciel de la nuit et les eaux mouvantes. Prenant pour point de départ Zabriskie Point, le film glisse furtivement vers le Mexique, de telle sorte que la géographie qui en émane n’est jamais très loin de notre mémoire cinématographique.

Shambhavi Kaul est née à Jodhpur en Inde et travaille actuellement entre l'Inde et les Etats-Unis. Le travail filmique de Shambhavi Kaul évoque les caractères surnaturel et science-fictionnel des non-lieux. Décrit comme la création de "zones de compression et de dispersion", son travail use des techniques de montage et de recyclage, invitant à une réaction affective tout en créant une distanciation. Son oeuvre a été diffusée à travers le monde (Festival International du film de Toronto, Festival du film de New-York, Festival international du film de Rotterdam, Festival international du film d'Edinburgh, Festival international du court-métrage d'Oberhausen parmi d'autres).

INFORMATIONS PRATIQUES :

20H30, Cinéma la Clef, 34 rue Daubenton, Paris 5e, métro : censier-daubenton (métro, ligne 7)

Tarifs : 4€ tarif réduit / 5€ tarif plein

Programme :

  • Night Noon (2014)
    de Shambhavi Kaul
  • Date : 12/03/2015

    Lieu : Cinéma La Clef (Paris)

    Ressources audiovisuelles


    Catalogue