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HYMEN de C. Arcega à Galpao VB (Brésil)

HYMEN de C. Arcega à Galpao VB (Brésil)

Dans le cadre d'une exposition organisée par Ciné-Corps, Videobrasil et l'Institut Français.

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Date : 07/07/2018 à 20h00
Lieu : Galpao VB (Sao Paulo, Brésil)
Catégorie : hors les murs

[ TRANSMISSION ]

Raconter Autrement (2009)

Le cinéma expérimental réinvente mille façons différentes de raconter une histoire. Il offre des alternatives
au schéma narratif classique du cinéma destiné aux enfants (le début présente les personnages, le contexte;
le milieu décrit les péripéties du héros qui en général à des problèmes à résoudre; la fin, qui se termine en
général bien, montre que le héros a surmonté ses problèmes grâce à sa famille et/ou ses amis).
Quelques approches narratives alternatives:

1°) La règle du jeu: les petits films de Daniel Touzon obéissent à une règle du jeu. (Extraits des “Cahiers
de création”, 10 secrets)
La première règle consiste à fabriquer le film chez soi ou juste à côté de chez soi, de façon artisanale, avec
très peu d’éléments, très simples. La seconde règle est que chaque histoire est un secret révélé. Il s’agit de
donner la recette “magique” pour réaliser des choses simples, à la fois poétiques ou fantastiques : avec du
coton et une feuille de papier, “comment écrire une ligne dans le ciel”, “comment tendre un pont entre deux
mers”, “comment dresser des animaux sauvages”... C’est la série des petits films mis bout à bout qui permet
de comprendre le fond de l’histoire: ce que l’histoire raconte, c’est son processus de fabrication.

2°) L’histoire dans le désordre: Mélanger le sens des mots, raconter dans le désordre: “Sheer Khan” et “La
Couette” de Carole Contant. La réalisatrice joue avec le sens des mots: Sheer khan est à la fois un tigre
et un jeune cadre agressif qui se perd dans la jungle (ou la jungle urbaine). Le personnage se perd dans
la forêt et la narration est dans le désordre elle aussi, à l’image du héros. Au final, peu importe l’ordre des
séquences, le spectateur a bien compris que Sheer khan a perdu sa femme et son petit. “ La Couette”
montre la réalisatrice avec ses couettes qui essaye de faire sa couette au bord de l’eau et qui n’y arrive
pas parce qu’il y a beaucoup de vent. C. Contant pose la même question à des interlocuteurs invisibles,
“comment tu la fais ta couette?”, qui tantôt répondent en parlant de la couette-coiffure et tantôt évoquent
la couette-accessoire de lit, tandis que la réalisatrice se démène à étendre correctement sa housse de
couette sur un matelas posé en bord de mer. Les gesticulations de l’auteure évoquent irrésistiblement le
cinéma burlesque américain des années 20, preuve des liens fréquents entre le cinéma différent et le cinéma
“classique”.

3°) La mise en boucle du film et la mise en abîme: Daniel Touzon, “Secret pour écrire des histoires
circulaires”. On assiste à une variation autour d’un verre rempli de papiers froissés. Sur l’un des papiers
froissés déplié, on découvre le dessin du verre rempli de papiers froissés; le papier se froisse à nouveau et
se retrouve à l’intérieur du verre et cela recommence tandis que le texte à l’écran affiche le vœu suivant:
“J’aimerais écrire des histoires qui n’auraient que des commencements et jamais de fins”.

4°) Le son et la projection autrement: “Bacchanales neversoises-mantouanes” de Cécile Ravel
Le son et la musique au cinéma sont conventionnellement employés pour accompagner le récit (synchroni-
sation de la parole) et conditionner nos émotions: suspense, angoisse, action, romantisme... La création
électro-acoustique (conçue par Jean-Marc Manteau) n’illustre pas le gôuter d’anniversaire raconté, mais
compose des textures sonores évolutives, non synchrones aux événements pour créer des atmosphères
variables tantôt déconnectées de l’action, tantôt proches de l’action projetée à l’écran.
À l’image de l’opérateur des débuts du cinéma, la projection est une “projection-performance” opérée en
direct devant le public. Le “film” est éclaté sur 4 projecteurs différents qui reconstiuent une image composite
sur l’écran et défont le rectangle traditionnel de projection (2 projecteurs de diapositives en fondu enchaîné,
2 projecteurs super 8). Les images sont aussi de nature différentes et s’assemblent ou se défont au gré
du récit: un goûter d’anniversaire de bambins filmés en prise de vues réelles superposées à des angelots
et faunes en papiers découpés animés (d’après les Noces d’Eros et Psyché peintes par Jules Romain au
XVIe au Palazzo Te à Mantoue).