Motif
Comment mieux parler du cinéma qu'en en faisant une occasion d'étoilement,
cet événement singulier, étrange et déroutant
où nous voici couverts d'étoiles et fêlés ensemble,
brisés par les astres cinématographiques qui nous viennent
et par eux émus au point d'avoir à l'écrire ?
Quel exigence impossible que d'avoir à viser à notre tour
les lieux les plus inaccessibles, pour dire ce que le cinéma, par
le truchement de telle œuvre, à ouvert au plus intime de nous
mêmes ? Et si justement le cinéma avait pour vocation de tracer,
pour nos yeux, pour notre bouche, un chemin vers l'inaccessible ?
étoilements est une revue où poésie
et cinéma se croisent,
se toisent, s'appellent et se répondent. Plusieurs plumes et sensibilités
se prêtent diversement à cette petite tâche en forme
d'étoile. La parution
est trimestrielle.
Numéros
n°10 / mars 2010 : la joie
n°9 / décembre 2009 : peaux
n°8 / septembre 2009 : la voix + hors série
n°7 / juin 2009 : la fracture
n°6 / mars 2009 : l'insistance
n°5 / décembre 2008 : le retard + hors série
n°4 / septembre 2008 : la promenade
n°3 / juin 2008 : l'adresse
n°2 / mars 2008 : le devenir
n°1 / décembre 2007 : bords, bordures
n°0 / septembre 2007 : libre
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dont, au hasard, parmi 82 interventions :
[ETOILEMENTS]
numéro 10 en préparation : la joie
à paraître en mars 2010.
Appel à texte :
Si le temps de la réalisation d’un film se place nécessairement sous le signe des adversités et résistances à vaincre pour faire advenir dans le réel une œuvre qui ne s’y trouvait pas, c’est toujours par le fragile éveil de la joie que cette œuvre nous montre les prémices de son accomplissement. Si nous ne pouvons pas décider d’agir dans la joie, c’est toujours pour elle que nous œuvrons. Elle indique en effet que quelque chose dans l’objet que nous avons fait est plus grand que ce que nous pensions pouvoir y mettre. Quelle que soit l’ambition des projets que nous formulons, n’est ce pas ce surcroît que nous espérons constamment atteindre ?
Il est difficile de penser corrélativement joie et cinéma. Est-il toujours joyeux de filmer la joie ? Pouvons nous seulement le faire ? La joie n’a pas une forme déterminée, dans laquelle elle se laisserait saisir. Mais elle peut transformer tout visage, tout être qui vient à nous, et nous devons souhaiter que notre propre visage, à l’occasion de cette rencontre, soit lui-même reformé, rené dans et par la joie. C’est-à-dire que la joie a mille formes déterminées. Si nous nous mettons en quête de la joie, c’est tout visage, tout être, et le monde lui-même qui peuvent et doivent devenir objet de notre attention, car c’est avec eux que nous pouvons la chercher, la trouver, et trouver les ressources pour la chercher encore.
C’est ce paradoxe simple et heureux d’un événement qui, pour n’avoir pas de forme, les a toutes en puissance, que nous voulons mettre au cœur du prochain numéro d’étoilements.
Nous attendons vos textes (7500 signes env.) pour le 30 janvier, avec des photos libres de droits.