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Scandale— un film de Gabrielle Reiner /



Deux jeunes femmes s'habillent et se maquillent en vue d'un rendez-vous avec un même garçon. Une compétition s'ensuit. Le film tente de répondre à cette question qui se trouve écrite au rouge à lèvre par une main de femme lors du premier plan : Si le chapeau fait l’homme, est-ce l’accessoire qui fait la femme ?, clin d’œil féminisé au tableau de Marx Ernst Le chapeau fait l’homme repris dans l’œuvre de Magritte.
Les gestes répétitifs pour se parer font écho à la forme cyclique du morceau musical qui dure le temps du film (Scandale du groupe français Fatale dont les trois membres sont devenus acteurs pour l’occasion). Le film joue sur les contraires, la blonde et la brune, la femme sophistiquée en noir et panthère et celle plus pop, plus colorée, plus débraillée.
Le film entremêle trois types d’accessoires : vêtements, bijoux, maquillage jusqu’à obscuration des corps par saturation de couches et de matières. Une histoire se laisse deviner : deux filles amoureuses du même garçon se parent pour lui plaire : la concurrence est rude. Les jeunes filles, jalouses l’une de l’autre, s’espionnent à travers des miroirs qui les reflètent toutes deux.
Elles finissent par être défigurées par leurs artifices. Elles deviennent monstrueuses pour rien, le garçon n’apparaît que dans un miroir, proche d’un fantasme. Repensons aux paroles de Maya Deren : par dessus tout, la forme rituelle prend l’être humain non pas à la source de l’action dramatique mais comme un élément quelque peu dépersonnalisé d’un tout dramatique. Le rituel de l’accessoire dérape dans l’hystérie et montre, au final une représentation de la femme dans l’excès à travers une surenchère autant dans le volume et le multiple que dans le grotesque et le monstrueux. Ce qui a commencé dans la gaîté devient pure férocité. Les filles au lieu de devenir sublimes basculent dans la monstruosité. L’artifice finit par détruire leur féminité.
Les images en macro renforcent cette idée de dépersonnalisation par la matière et font se confondre les deux jeunes filles. Les plans se succèdent montrant à chaque fois une partie similaire du corps de chaque fille. C’est seulement à la fin à travers le dernier plan où les deux visages sont présents dans le cadre que le spectateur réalise qu’elles sont deux. Ces gros plans se veulent un hommage à Kenneth Anger et à son film Puce Moment.


The young ladies get dressed and all made-up for a date with the same boy...
The beauty scene changes into a cruel competition with lipstick and gloss, furs and high-heels, wigs and lace... The movie offers a
spectacular stage with fancy dresses, dirty looks, sex and sweat impressions,
demented seduction... The scandalous show becomes a true violent battleground, filled with close-ups, in celebration of Kenneth Anger movie.
Année
2005
Nationalité
France
Durée
00:03:00
Format de projection
mini DV
Tarif de location pour une projection : 20 €


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