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Les quatre récits d’Alice (installation)— un film de Myriam Jacob-Allard /



Dans Les quatre récits d’Alice, Myriam Jacob-Allard explore un récit qui, par sa prégnance, s’est inscrit au patrimoine familial. Ce récit, maintes fois relaté par sa grand-mère, raconte une histoire invraisemblable d’ouragan, digne du Wizard of Oz, qui, enfant, l’aurait emportée, l’aurait fait s’envoler.

La vidéo dont l’image est scindée en deux donnent à voir d’un côté l’artiste en lectrice de bulletin météo sur un fond vert plutôt amateur et, de l’autre, des images repiquées sur le net qui documentent des tornades et des ouragans. Myriam Jacob-Allard, en lectrice météo, fait du lip-sync sur une histoire narrée par sa grand-mère. À sa gauche, défile un montage/collage d’images qui illustrent le récit. Les codes télévisuels du bulletin météo s’avèrent vite secondaires pour céder la place aux quatre différentes versions de l’histoire relatées par la grand-mère que l’artiste a enregistrée sur dix ans. Au fil des ans, l’histoire change, les points saillants demeurent mais la séquence des évènements diffère et, curieusement, plus le temps passe, plus le récit s’éloigne, tantôt la grand-mère dit avoir 14, puis 13, 12 et 11 ans. Les quatre récits d’Alice, dans ses multiples ramifications devient une sorte d’essais sur la mémoire, la transmission et l’appartenance. En reprenant à répétition les diverses moutures du récit d’Alice, Myriam Jacob-Allard fait sienne cette histoire. Une appropriation que le lip-sync incarne, tout en appelant le détachement tant l’exercice semble exigeant. Une distance qui parle de la subjectivité de la mémoire —un peu comme la grand-mère qui se distancie de plus en plus dans le temps de son propre récit et le modifie—, ainsi que de la nécessité d’un ancrage dans la construction de l’identité et de la volonté de s’en émanciper pour évoluer.

— France Choinière (Clerval vallée claire ou claire vallée, T’envoler, Dazibao)


In Les quatre récits d’Alice, Myriam Jacob-Allard explore a story which, because of its persistence, is part of the family lore. This story, told countless times by her grandmother, is an implausible tale of the time a hurricane worthy of The Wizard of Oz, when she was a child, picked her up and sent her flying.

The video, whose pictures are split into two, show images documenting tornados and hurricanes on one side, taken from the internet or from disaster films, and the artist reading a weather forecast against an amateurish green background on the other side. Here Jacob-Allard lip synchs a story told by her grandmother. A montage/collage of images to her left flows past to illustrate the story. The visual codes of the television weather forecast quickly become secondary to four different versions of her grandmother’s story, which Jacob-Allard recorded over a ten-year period. Over the years, the story changes. The key points remain but the sequence of events differ and, curiously, the more time that passes, the further back the story goes, with her grandmother saying she was fourteen, then thirteen, twelve and eleven years old. Les quatre récits d’Alice, in its many offshoots, becomes a kind of essay on memory, passing on and belonging. By repeating the various versions of Alice’s tale, Jacob-Allard makes the story her own. This appropriation is embodied in her lip-synching, as she becomes detached, so demanding does that act of carrying it out appear. This distance speaks to the subjectivity of memory—somewhat like her grandmother distancing herself more and more from the time of her own story, modifying it along the way— as well as to the need for moorings when constructing one’s identity and for a desire to free oneself in order to evolve.

— France Choinière (Clerval vallée claire ou claire vallée, T’envoler, Dazibao) Thèmes : Autobiography

Année
2020
Nationalité
Canada
Durée
00:06:00
Format de projection
Fichier Quicktime
Tarif de location pour une projection : 40 €


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