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Les Amants rouges— un film de Stéphane Marti /



Alimenté par les performances de sexy boys and girl (et d’un photographe malicieux) et par des textes de Dominique Noguez, ponctué par un lyrisme musical qui conjugue arias classiques, dandy rock et mélopées arabes ensorcelantes, ce film est conçu comme un long poème allégorique sur la beauté, le désir et la mort. Allégorie intensifiée par les vertiges de la transgression, les mystères du sacré et les images du Baron Van Gloeden, de Jean Genet et de Michel Journiac, maîtres de l’érotisme funèbre et des fureurs du corps.

"Au rituel des images saccadées par la vitesse du filmage de la caméra-oeil de Stéphane Marti, qui continue à générer des mondes sublimes en Super 8, s'ajoutent, ici, quelques déclinaisons sonores et visuelles qui s'incarnent en un conte funèbre.
Les enjeux poétiques que circonscrivent ces Amants rouges conjuguent la dérive existentielle et la quête culturelle. Il pourrait s'agir, pense-t-on, d'un jeu érotique et macabre dans lequel cinq jeunes gens et une femme (maîtresse de l'un et/ou de l'autre) matérialisent, sur des modes et des registres divers, la passion homosexuelle. Passion tributaire de ses mythes, de ses icônes, de ses référents (des plans d'Un chant d'amour, l'unique film de Jean Genet, zèbrent la toile baroque des images), qui musarde, par moments, vers la bisexualité.
Deux personnages clés - un vieux baron interprété par Marcel Mazé et un récitant qui filme le drame (l'œuvre en train de s'élaborer) - tissent la toile d'araignée où se débattent les protagonistes. Le curieux aristocrate a rassemblé, dans son domaine, des jeunes marginaux qu'il n'a cessé de photographier. Son acte n'est jamais neutre, qui forme et déforme les couples, voire le groupe, possédé qu'il est par un plaisir compulsif de photographier et de remodeler les destins. Les deux pourraient être des doubles de Marti lui-même.
Un texte de Dominique Noguez, lu et récité à plusieurs voix, sert de catalyseur, de réservoir d'images et de pensées au film qui évoque tour à tour les écrits de Tristan Corbière et les toiles de Gustave Moreau. Cette nostalgie du romantisme colore également la bande-son qui mélange Jean-Sébastien Bach et le Velvet Underground ..." Raphaël Bassan

"Beauté. Vous étiez tous beaux à votre façon. Beauté, union des contraires : neige qui brûle, aiguillon qui fait du bien, force qui aimante et éloigne à la fois. Beauté désirable et glacée, caresse et foudre. Beau corps, divisible et indivisible. Chaque coin de peau tiède, chaque muscle, chaque muqueuse, chaque duvet est attirant en lui-même : on pourrait y passer des heures et s'y perdre. Chaque partie du corps garde jalousement son autonomie et sa signification, elle en rayonne et semble s'en délecter elle-même. Chaque partie est un tout. Mais aucune n'est le tout. Elle n'est rien sans le reste.
Corps, du coup, irrésumable, insécable, d'un seul tenant, corps total, immense et un comme l'océan et la forêt. Beau corps, dans l'immédiateté du contact, tu es au delà de toute comparaison. « Troupeau de chèvres ondulant sur les pentes de Galaad », « fil d'écarlate », « moitiés de grenade », les millions de choses et d'irisations du monde s'épuisent à être tes métaphores. Tu es la cible vaine des superlatifs. Le haut feuillage des mots frôle mais n'atteint pas ta gloire. Beauté, à deux pas, à un souffle, tu restes l'inaccessible".
Dominique Noguez, extrait des Amants rouges


Il n'y a pas de synopsis anglais pour ce film Thèmes : École du corps

Année
2009
Nationalité
France
Durée
01:00:00
Format de projection
Fichier Quicktime
Tarif de location pour une projection : 250 €


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