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Plume — un film de Cécile Ravel /



Plume est un portrait de ma fille souffrant d'anorexie.
Pendant un an, à l'aide d'une caméra super 8, j'ai filmé les moments où la communication pouvait s'établir entre elle et moi, à la manière d'un journal. Cette communication était un dialogue des corps: moi, en état de mobilité permanente, tournant autour de son corps et son visage et essayant d'approcher son âme emmurée, filmant sa peau et sa chevelure. Des images plus récentes se mêlent à ces images d'archives sans qu'il soit possible de discerner le passé du présent. Des textes collés sur les murs de la chambre rendent compte de l'angoisse de la mère-cinéaste, ou bien des mesures correspondant à l'univers obsessionnel de la maladie ou au décompte désordonné des jours. Le film se veut sans dialogues, laissant la part à la parole intérieure par le biais des textes collés et faisant l'objet d'une création électroacoustique par Jean-Marc Manteau. Contrairement au texte qui correspond au point de vue de la cinéaste, la musique correspond à l'intériorité de "Plume", travaillant particulièrement l'expression de la légèreté à travers des sonorités liées au souffle, à l'eau et au cristal.

La première moitié du film est principalement tournée en "chambre" dans un rapport de proximité physique important qui s'oppose à l'enfermement mental de la jeune fille. La deuxième partie montre une série de cheminements extérieurs sous forme d'errances répétitives. Plans extérieurs et plans en intérieurs alternent graduellement dans le film établissant une dialectique entre intériorité et extériorité.


PLUME (Feather) tells the story of my daughter when she was suffering from anorexia.
 During a whole year, as if I was keeping a diary I filmed the moments when we could connect with each other. We achieved that connection through body language.As far as I was concerned, I kept moving constantly, turning around her body and her face in an attempt to get closer to her imprisoned soul, filming her skin and her hair. More recent pictures combine with these visual testimonies of the past in a way as to make it impossible to discern past from present.Texts pasted up on the walls of the room describe the film-director- mother's agony or of measurements, so characteristic of the obsessional world of the disease, as well as the erratic account of days. Purposely, the film is without any spoken dialogues in order to focus on the stream of consciousness conveyed by the pasted texts and by pieces of electroacoustic music created specially for the situation by Jean-Marc Manteau. Unlike the text, which conveys the film maker's point of view, the music conveys Plume 's inner life, focussing more particularly on the expression of lightness through tones connected to breath, water and cristal.

The first half of the film takes place indoors, creating important physical closeness as opposed to the mental isolation of the adolescent. The second half shows a series of walks in the open, looking like so many repetitive wanderings. Exterior and interior shots alternate,thus making a dialectical tension between externality and internality. 

Année
2010
Nationalité
France
Durée
00:20:00
Format de projection
35 mm
Tarif de location pour une projection : 70 €


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